Un message de mise en garde jugé trop routinier par les jeunes parieurs
Une enquête qualitative de l’OFDT auprès de 24 jeunes décrit des publics lucides face aux publicités de paris, mais sensibles aux bonus et aux gains promis.
En bref
- L’OFDT a interrogé 24 jeunes de 15 à 25 ans sur la publicité des paris sportifs, dans le cadre de l’étude PProJeTIM.
- Bonus, freebets et gains mis en avant leur donnent le sentiment d’un premier pari sans risque.
- Le message de mise en garde obligatoire depuis novembre 2020 est jugé répétitif et peu efficace.
Les jeunes savent que la publicité des paris sportifs les vise, et beaucoup n’en sont pas dupes, mais elle continue de peser sur eux. C’est le constat d’une enquête de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), qui décrit des jeunes à la fois influençables et lucides.
Une enquête qualitative menée auprès de 24 jeunes
L’étude PProJeTIM s’appuie sur des entretiens collectifs ou individuels avec 24 jeunes de 15 à 25 ans, mineurs ou majeurs. Elle a reçu le soutien financier du Fonds de lutte contre les addictions, et de premiers résultats avaient été publiés en juillet 2026. Ce volet s’inscrit dans le projet « Paris sportifs problématiques chez les jeunes : trajectoires, incitations, motivations ».
Le premier chiffre, rapporté par CB News à propos de l’étude parue le 20 octobre, ne découle pas de l’enquête qualitative elle-même. Avec seulement 24 participants, ses résultats décrivent des perceptions, pas l’ensemble de la jeunesse.
Où ils voient ces publicités
Les participants évoquent une forte pression publicitaire, dans les espaces physiques comme virtuels :
- la télévision, au moment des matchs ;
- les panneaux des transports en commun et les abords de lieux fréquentés par les adolescents ;
- Internet, parfois de façon ciblée via les réseaux sociaux et des contenus d’influenceurs.
Une partie d’entre eux dit en avoir repéré près d’établissements scolaires. Selon l’étude, cette exposition est favorisée par la diversification des canaux que consomment les adolescents : télévision, réseaux sociaux, ordinateurs. L’OFDT alerte aussi sur la publicité personnalisée et algorithmique, qui pousse certains passionnés de sport à franchir le pas.

Ce qui séduit malgré la méfiance
Certains jeunes disent ne pas se soucier de ces messages, d’autres voudraient y être moins soumis, d’autant qu’ils y perçoivent parfois des promesses trompeuses. Pourtant, les références aux gains possibles, comme des achats ou des cadeaux pour les proches, reviennent souvent dans leurs descriptions.
Les offres comptent beaucoup : de nombreux parieurs interrogés guettent bonus et freebets, qui donnent l’impression de pouvoir tenter un premier pari sans perdre d’argent. Ces offres de bienvenue participent à la banalisation du pari, et l’étude parle d’« illusion d’une pratique sans danger ». Les jeunes jugent que ces contenus éludent les risques en soulignant les bénéfices ; certains se montrent amers face à leur propre crédulité. Ils attribuent aussi une part de cette banalisation aux influenceurs et créateurs de contenus.
Prévention et jeu responsable : le regard des jeunes
Les participants ont bien repéré l’avertissement obligatoire sur les communications commerciales, mais mettent en doute son effet.
| Dispositif | Regard des jeunes interrogés |
|---|---|
| Message de mise en garde | Identifié, mais répétitif et routinier, donc d’efficacité limitée |
| Démarche des opérateurs | Perçue comme une manière de se dédouaner, non comme une volonté de protéger |
| Injonctions au « jeu responsable » | Critiquées : la responsabilité pèserait sur les seuls joueurs |
Ces jugements restent des perceptions recueillies lors des entretiens : l’étude ne démontre pas de lien de cause à effet entre publicité et passage au pari.
Photo : Natalia Olivera / Pexels
