Casino de Namur condamné à payer trois paris gagnants annulés
Un parieur belge a obtenu du tribunal de Liège le paiement de gains que le casino avait transformés en paris annulés. Le jugement reste susceptible d’appel.
En bref
- Le tribunal de première instance de Liège a condamné Gambling Management SA, exploitant du Casino de Namur, le 19 août.
- Trois tickets gagnants étaient passés au statut « pari annulé » et seules les mises avaient été rendues.
- L’exploitant a décidé de faire appel devant la cour d’appel de Liège.
Quand un opérateur refuse de payer des paris gagnants, la voie judiciaire existe, comme le montre une affaire belge. Le 19 août, le tribunal de première instance de Liège a condamné Gambling Management SA, qui exploite le Casino de Namur, à verser à un parieur du Brabant wallon, prénommé Grégoire à sa demande, les gains de trois paris sportifs, selon la DH.
Trois mises sur un drapeau rouge à Suzuka
Les paris portaient sur le Grand Prix de Formule 1 du Japon 2025, disputé à Suzuka : la course serait-elle interrompue par un drapeau rouge, oui ou non ? Le joueur, 48 ans, s’est présenté le mardi 1er avril 2025 au Grand Casino de Namur, établissement Circus Casino Resort du groupe Ardent.
Il avait remarqué sur le « non » une cote de 4,70 contre 1, alors qu’elle reste d’ordinaire sous 2,00 contre 1. Il a misé à trois reprises, 900, 900 puis 700 euros. Verstappen a remporté la course et le drapeau rouge n’a pas servi.
« Pari annulé » et article 3.8
En revenant le mardi, le joueur a découvert que les trois tickets, qui devaient indiquer « gagnant », affichaient « pari annulé ». Le personnel l’a orienté vers le service clientèle, lequel l’a invité à relire les conditions générales, en particulier l’article 3.8, qui prévoit l’annulation des paris « en cas d’erreur manifeste de cote ».

Avec ses avocats, il a demandé au tribunal de déclarer cette clause nulle, car abusive au sens du Code de droit économique. C’était le point central du litige.
Ce que le casino offrait, ce que le tribunal impose
Le tribunal a jugé que la société ne pouvait pas annuler les paris, surtout sans prévenir le joueur et après la validation des tickets sur une borne qui ne présentait aucun bug informatique. L’exploitant, absent à l’audience bien que valablement convoqué, avait déjà restitué les mises.
| Point | Position du casino | Jugement |
|---|---|---|
| Statut des paris | Annulés selon l’article 3.8 | Annulation impossible |
| Somme versée | 2 500 euros de mises | 9 250 euros de gains nets à payer |
| Accessoires | Aucun | Intérêts de retard et environ 1 200 euros de frais de citation et d’indemnité de procédure |
Les limites du recours
Avant d’aller en justice, le joueur s’était adressé à la Commission des jeux de hasard. Selon lui, elle répond qu’il s’agit d’un différend commercial, sans infraction à la loi sur les jeux de hasard. Il se demande si un joueur doit prendre un avocat chaque fois pour être payé. Ce sont ses propos, et non une conclusion établie.
« La décision montre qu’un joueur lambda peut l’emporter »
Grégoire, parieur, habitant du Brabant wallon (prénom modifié à sa demande)
Sollicitée par le journal, la société a répondu : « Nous souhaitons réserver nos arguments à la cour d’appel de Liège et par respect pour la procédure judiciaire en cours, ne ferons pas de commentaire supplémentaire dans ce dossier à ce stade. »
Photo : Stephen Leonardi / Pexels
