Victor Wembanyama et les paris sportifs : les raisons d’un refus catégorique
Le pivot des Spurs a exclu, le 1er octobre 2026, de promouvoir un jour un opérateur de paris. Ses motivations, la réplique de Kevin Durant et les règles de la NBA sur ces partenariats.
En bref
- À la question d’un éventuel contrat avec une telle entreprise, le Français de 22 ans a répondu « Absolument pas », avant d’ajouter « Je ne ferai jamais ça », selon le compte rendu de Konbini.
- Konbini la situe une semaine après l’accord conclu entre LeBron James et Polymarket, site de prédictions consacré à l’actualité.
- Une ligne qui le distingue de plusieurs stars du championnat, dans un univers où, selon Trashtalk, les paris prennent une place toujours plus grande.
Le jeudi 1er octobre 2026, au sortir d’un entraînement de présaison des San Antonio Spurs, Victor Wembanyama a écarté sans détour l’idée de prêter un jour son nom à un opérateur de paris sportifs. À la question d’un éventuel contrat avec une telle entreprise, le Français de 22 ans a répondu « Absolument pas », avant d’ajouter « Je ne ferai jamais ça », selon le compte rendu de Konbini. Le Parisien, qui relaie ses propos, précise qu’ils ont été rapportés par L’Équipe.
Un non assumé, au nom de l’exemple à donner
Le pivot ne s’est pas contenté de décliner. Il a aussi dit trouver « très triste » de voir des joueurs servir de vitrine à ces plateformes, tout en laissant à chacun la liberté de ses choix : lui n’en sera pas. Cette position s’inscrit dans une réflexion plus large sur ses partenaires commerciaux. Toujours d’après Konbini, il admet que l’argent a compté dans ses décisions par le passé et assure que ce n’est plus le cas : il dit vouloir soutenir des projets utiles, qui exercent une influence saine et portent des valeurs qu’il partage. Les joueurs encaissent des sommes considérables, a-t-il fait valoir, mais leur principal atout tient à leur capacité à servir de modèle ; il souhaite, selon ses mots, « inspirer de manière positive ».
Le Parisien met en avant une autre déclaration : le joueur affirme avoir laissé passer bien plus d’argent qu’il n’en a gagné, en déclinant des offres contraires à ses convictions. Le quotidien, qui rappelle son parcours à Nanterre et à l’Asvel, considère qu’à ce stade de sa carrière, il peut choisir ses partenaires sans s’en tenir à la seule question financière.
Les sodas, un précédent dans ses choix de sponsors
Ce refus a un précédent. L’article de Trashtalk signé Nicolas Meichel rappelle que Wembanyama a déjà renoncé à d’autres sources de revenus depuis son éclosion au plus haut niveau, faute d’adéquation avec ses valeurs. Le site cite l’exemple de publicités pour des sodas, déclinées en raison de leurs effets néfastes possibles sur la santé des enfants, selon l’explication donnée par son agent, Jérémy Medjana. Pour Trashtalk, les paris sportifs s’ajoutent à cette liste.
Le joueur ne boude pas les marques pour autant. Il est ambassadeur de Louis Vuitton et, selon des médias américains cités par Konbini, il a étendu son partenariat avec Nike, avec à la clé une chaussure à son nom. Sur le terrain, le même article rappelle qu’il a conduit San Antonio en Finales NBA à sa troisième année dans la ligue, et qu’il a signé une prolongation de cinq ans à 252 millions de dollars. Le volet sportif de sa saison est traité à part dans notre dossier sur le trophée de MVP NBA 2026-2027.
LeBron James, Durant, Giannis, Jokic : des stars liées aux opérateurs
La déclaration tranche avec les choix de plusieurs figures de la ligue. Konbini la situe une semaine après l’accord conclu entre LeBron James et Polymarket, site de prédictions consacré à l’actualité. Quatre fois champion NBA, LeBron James avait auparavant été ambassadeur de l’opérateur de paris en ligne DraftKings. Nous avions déjà mis ces deux trajectoires en regard dans notre article sur le refus de Wembanyama face au contrat de LeBron James chez Polymarket.

Les sources citent plusieurs autres liens entre vedettes et plateformes :
- LeBron James, lié à Polymarket par un contrat que Trashtalk chiffre à 15 millions par an ;
- Kevin Durant, ambassadeur de FanDuel, selon Konbini ;
- Giannis Antetokounmpo, partenaire marketing de Kalshi, dont il détient aussi des parts, toujours selon Konbini ;
- Nikola Jokic, associé à Superbet, d’après Trashtalk.
La réplique de Kevin Durant
Kevin Durant a répondu dès le lendemain, selon une mise à jour de Trashtalk. Il a estimé que la remarque ne le concernait pas, qu’il s’interrogeait peu sur le sujet et que la question le préoccupait moins que Wembanyama. Il a rappelé que chacun reste libre de ses engagements, puis décrit sa propre méthode : travailler avec des partenaires qui partagent sa vision, en sachant que certaines collaborations dureront et que d’autres prendront fin, ce qu’il présente comme le fonctionnement normal des affaires.
Ce que le règlement de la NBA permet
La NBA ne proscrit pas ces associations. D’après Konbini, son règlement admet les accords commerciaux conclus par les joueurs avec des sociétés de paris ou des plateformes de prédiction, mais leur défend toute publicité pour les jeux d’argent destinée à l’audience de la ligue. MCE TV, dans son article sur le sujet, présente cette règle au conditionnel et juge que Wembanyama paraît vouloir l’appliquer strictement, en restant délibérément hors de ce secteur.
Pour le parieur, l’épisode rappelle qu’une vedette affichée aux côtés d’un opérateur agit dans le cadre d’un contrat, parfois en tant qu’actionnaire. Le Parisien estime d’ailleurs que le joueur est sans doute conscient des ennuis financiers et des risques d’addiction que peuvent provoquer les paris. Les paris sportifs comportent des risques ; jouer avec modération.
Une parole qui dépasse le basket
Ce même jeudi, l’échange a glissé vers la politique. Selon MCE TV, qui s’appuie sur Le HuffPost, le journaliste l’a interrogé sur la présidentielle française de 2027. Le natif du Chesnay a dit mesurer ce que représente sa situation de jeune athlète noir très exposé dans les médias, tout en admettant appartenir à un milieu privilégié, où ces sujets ne se vivent pas comme pour la majorité de ses compatriotes. Il se dit certain d’avoir, plus tard, « un rôle à jouer » dans ce débat, une formule également rapportée par Le Parisien.
Le Parisien ajoute qu’à l’été 2026, alors qu’il évoluait avec les Bleus, il avait déjà affirmé ne pas avoir peur d’exprimer son opinion sur l’élection présidentielle. MCE TV rappelle de son côté qu’à la fin du mois d’août 2026, il avait dit s’intéresser de plus en plus aux sujets de société français, sans avoir encore étudié de près la campagne.
Sur les paris comme sur ses autres partenariats, le joueur applique un même principe : ne lier son image qu’à des projets conformes à l’exemple qu’il veut donner. Une ligne qui le distingue de plusieurs stars du championnat, dans un univers où, selon Trashtalk, les paris prennent une place toujours plus grande.
Photo : Daniel Absi / Pexels
