Paris sportifs en 2025, football et tennis dopent les mises
Plus de matches de Ligue des Champions, une Coupe du Monde des Clubs inédite et des finales du PSG ont gonflé les mises, observe l’ANJ dans sa dernière note.
En bref
- Le football pèse 54,9 % des mises de paris sportifs en ligne en 2025, le tennis 23,0 %.
- La Ligue des Champions est passée de 137 à 189 matches, avec des mises en hausse de 48,6 %.
- Le taux de retour aux joueurs, plafonné à 85 %, s’est établi à 84,67 % en 2025.
- Les paris sur une période de jeu sont portés à 80 % à 89 % par des joueurs excessifs.
Le football et le tennis expliquent l’essentiel de la croissance des paris sportifs en ligne en 2025. Dans une note publiée en octobre 2026, l’Autorité nationale des jeux (ANJ) détaille ces moteurs et montre que l’élargissement de l’offre, plus que l’intensité des parieurs, a fait grimper les volumes. Le marché prolonge ainsi l’élan observé en 2024, alors même que l’année ne comptait aucun grand rendez-vous international.
Le football grossit d’abord parce qu’il y a plus de matches
Le ballon rond assure près de la moitié de la progression des mises du segment et les deux tiers de celle du produit brut des jeux. Sa hausse affichée, +10,2 %, est trompeuse : l’année précédente avait profité de l’Euro 2024 et de ses 438 M€ de mises. Selon la manière de neutraliser cet effet de base, la croissance réelle du football se situe entre +10 % et +19 %.
La nouvelle formule de la Ligue des Champions illustre le mécanisme. Le nombre de rencontres a augmenté de 38 %, et l’ANJ attribue les trois quarts de la hausse des mises à ce seul surplus de matches. L’effet n’est pas automatique : la Ligue Europa et la Ligue Conférence, réformées de la même façon, n’ont gagné que peu de terrain.
Nouvelle venue avec 63 rencontres, la Coupe du Monde des Clubs a attiré 3,9 M€ de mises par match dès sa première édition, contre 4,4 M€ pour la compétition reine européenne. Quant aux deux affiches les plus jouées de l’année, ce sont des finales du PSG (38,2 M€ et 26,7 M€), ce que le régulateur lit comme une prime à la présence d’un club ou d’un athlète français.
Tennis, basket, football : trois offres très différentes
Le tennis, avec 23,0 % des mises, a progressé de 16,0 % sans événement hors norme. Mais c’est surtout l’organisation de l’offre qui sépare les disciplines.
| Sport | Concentration des mises |
|---|---|
| Basketball | La NBA réunit 54 % des mises |
| Tennis | 7 catégories de tournois couvrent 94 % des mises |
| Football | 35 compétitions sur 103 ouvertes aux paris pour atteindre 90 % des mises |
Au football, le poids du direct augmente quand la notoriété baisse : 26 % des mises sur la Ligue des Champions, 30 % à 35 % sur les grands championnats, 48 % sur les compétitions secondaires (chacune sous 2 % des mises de la discipline), puis 50 % à 58 % sur les deuxièmes divisions européennes et les championnats non listés. Et l’offre ne s’arrête jamais : l’Amérique du Sud occupe la nuit, l’Asie et l’Océanie la matinée, l’Europe le reste de la journée.
Le plafond de 85 % et l’automne 2025
Le taux de retour aux joueurs, part maximale des sommes reversées en moyenne aux parieurs, ne peut dépasser 85 % sur l’année, opérateur par opérateur. Les bookmakers se calent tout près de cette limite, et le taux du marché a fini à 84,67 %.
Septembre 2025 a été favorable aux parieurs : le taux mensuel a grimpé à 94,5 %, poussant le cumul à 85,9 %, au-delà du seuil. Octobre (82,3 %) puis novembre (74,2 %) ont ensuite ramené le cumul sous le plafond. L’ANJ précise que cette vue d’ensemble ne dit rien de la position de chaque opérateur, contrôlée séparément.
Repérer les offres portées par les joueurs à risque
Le régulateur classe les parieurs en quatre profils via son algorithme de détection : vert pour le joueur récréatif, jaune pour le risque modéré, rouge pour l’excessif, noir pour le manifestement excessif. Croisé avec les mises, ce classement fait ressortir deux tendances :
- sur le football du premier semestre 2026, plus un championnat est confidentiel, plus la part des profils rouges et noirs y semble élevée, au-delà de 80 % pour le Brésil, l’Arabie saoudite, le Japon ou l’Australie ;
- au deuxième trimestre 2026, les paris sur le vainqueur final d’une compétition restent les plus fréquentés par les joueurs récréatifs.
Photo : George Zografidis / Pexels
